Il nous appartient de faire de chaque jour un jour exceptionnel. Mais c'est plus facile de le faire certains jours.
Aujourd'hui, j'ai fait mes adieux à un bureau qui m'a accueillie tous les jours pendant presque cinq ans. Un bâtiment dans lequel j'ai passé des semaines de boulot parfois trop intenses et me suis parfois retrouvée à faire la sieste sur les canapés qui ornent les bureaux des grands chefs parce qu'il était quatre heures du matin et que j'allais devoir assumer une seconde journée de boulot derrière. Il y a un an de cela, j'ai du faire une semaine de travail où je ne suis rentrée chez moi en tout et pour tout que le mardi soir. J'ai travaillé sans discontinuer du lundi matin au mardi soir puis du mercredi matin au vendredi soir.
Ca peut paraître aberrant ou idiot mais je ne regrette pas une seconde. J'ai appris tant de chose pendant ces années. Sur moi, sur la vie sur ce que j'aime et je n'aime pas, ce que je veux faire quand je serai grande et ce qui je ne veux surtout pas devenir.
Il y a des chansons qui collent à votre vie parce qu'elles vous parlent. J'ai entendu de Palmas me répéter que je n'ai qu'une seule vie, Halliday demander qu'on lui donne l'envie. Il a listé toutes ces choses qui me manquent.
Un jour, des gens que je ne connaissais pas ont entamé un couplet qui disait que là où j'allais, tout serait plus beau. Nous étions un 21 Janvier 2005. Quelques minutes plus tard, ils disaient qu'il était temps, à nouveau, d'être plus forts que l'eau / de se jeter à l'eau. C'était le concert des Enfoirés à Bercy. Des gens qui ne me devaient rien et qui ne me devaient rien. Pourtant, je n'ai jamais été aussi sure de moi (et plus triste) que ce jour là. Il m'a fallu un an pour passer à l'action. Je sais aujourd'hui que je peux vivre ma vie sans en être pour autant coupable et que je peux, qui sait, être utile, à l'occasion. Et je m'y appliquerai tant qu'il y aura des murs dans lesquels je pourrai me heurter. Peut être que c'est vrai : si je n'ai pas la carrure pour mon ancien job, alors je peux certainement être utile à d'autres choses.
J'ai écouté Bécault se demander : « Et maintenant, que vais-je faire de tout ce temps que sera ma vie ? ». Je n'y ai pas de réponse mais je vais, j'en suis sure, m'y employer.
Merci la banque, merci la vie.
La liberté n'existe que si elle a une prison d'où s'échapper....