C'est vraiment dur la vie d'artiste. Je ne dis pas ça parce que je me suis soudainement reconvertie en artiste (chose que je n'ai jamais cessé d'être) mais parce que ma vie s'assimile plus ces jours ci à celle d'une rock star en tournée qu'au quotidien plan plan de l'employée du mois. Après un été ponctué d'apparitions dans des lieux aussi divers que Milan, Pise, Florence, Paris, Aix en Provence et Le Havre (cherchez l'erreur...) J'ai fini par passer quelques jours chez mes grands parents en Corse, histoire de me ressourcer un peu. Mon plan de passer quelques jours au Liban étant tombé à l'eau (pas de commentaires, juste des pensées pour Maya, Sandra, Myriam, Muriel, Joseph, Roland, Nabhan et tous les autres), je me suis limitée à une semaine. Ayant passé de janvier à Mai en vacances ou quasi vacances, il aurait été exagéré de prétendre à plus.
Cette semaine à Saint Florent a été l'occasion de deux prises de conscience. D'abord en assistant à l'anniversaire de mariage de mes grands-parents et en réalisant qu'ils ont été mariés pendant soixante ans soit plus de deux fois ma vie. Pour ma part j'ai déménagé dix fois sur les huit dernières années et je connais mon amie de plus longue date depuis onze ans seulement. Clairement, ma notion de stabilité et de long terme est à revoir. Ensuite en voyant toute cette famille réunie autour de mes grands parents, je vois à quelle vitesse le temps passe. Soudainement, j'ai l'impression que nous avons baptisé ma petite cousine il y a une semaine. Comment peut-elle avoir dix-neuf ans maintenant. D'un coup, ce n'est plus Audrey sur la balançoire mais son fils Raphael.
Tout ça pour dire que, puisque ma vie d'artiste continue et que les dates de tournée se multiplient (cette semaine : Lucca et New York), je compte bien en profiter. Parce qu'avant que je m'en rende compte, une petite conne écrira un article profond dans son blog en disant qu'elle est impressionnée par la vitesse à laquelle j'ai vieilli !
J'ai de la chance et je le sais. Alors je me dois d'en profiter et d'exploiter au maximum chacun de ces moments. Garder les yeux grands ouverts quand je vois mes grands parents, Raphaël, Alice, le monde, ... Tant que ça durera, je serai là pour en tirer le maximum. Je continuerai à faire des choses absurdes pour les gens normaux genre ne surtout pas dormir dans les avions pour mieux profiter du voyage, genre faire à pieds les 25 kilomètres du port de Bastia à la maison familiale. Juste pour profiter du paysage, de monde, de l'attente. Pour mieux savourer ce qui m'est donne et ne surtout pas le prendre pour acquis. Ne serait-ce que par respect et par gratitude.
<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p> </o:p>Merci la vie.